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Nous sommes à Allah et à Lui nous revenons

démolition de la marine marchande

L’immeuble historique de la direction de la marine marchande à l’entrée de la porte N°1 du port de Casablanca a été démoli.

Pour ceux qui ne connaissent pas son histoire et ce qu’il représentait dans notre patrimoine maritime, il s’agissait d’un vieux bâtiment sis dans un endroit stratégique et il fallait s’en débarrasser pour mieux exploiter son emplacement.

Pour les autres, ceux qui s’y ont attaché pendant une bonne partie de leur vie, des marins, des officiers, des capitaines, des ingénieurs, des directeurs techniques, des administrateurs, des délégués maritimes, il représentait une partie de l’histoire, leur histoire.

Ceux-ci ont échangé avec une grande tristesse les photos et les vidéos de l’opération de démolition avec des phrases de condoléances. « Nous sommes à Allah, et à Lui nous revenons » a commenté la plupart d’entre eux.

L’immeuble représentait le Maroc Maritime, la « belle époque » ou nous avions une flotte de navires de différents types d’exploitations, allant des polythermes pour transporter nos primeurs, aux vraquiers et chimiquiers pour transporter notre phosphate et notre acide phosphorique, passant par les petits pétroliers, les navires de « General cargo », les ferries, les rouliers et bien entendu les petits porte conteneurs.

<<Depuis six ans, ceci s’effondrait et la démolition de l’immeuble n’est qu’une représentation physique d’une démolition plus profonde qui a visé notre secteur maritime.>>

Du premier au sixième étage, les équipes d’administrateurs, de chefs de services ou de divisions, s’affairaient chaque jour pour fournir le service aux marins et aux armateurs nationaux (en plus de veiller aux inspections des bâtiments étrangers).

Depuis six ans, ceci s’effondrait et la démolition de l’immeuble n’est qu’une représentation physique d’une démolition plus profonde qui a visé notre secteur maritime. Le crime a eu lieu bien avant, aujourd’hui nous avons vécu son symbole.

Cette tuerie a profité aux compagnies étrangères de toutes catégories qui sont venues s’installer chez nous pour faire à peu près ce que nos entreprises nationales faisaient.

Pendant cela, une partie de nos compétences a fait le chemin inverse, elle s’est expatriée pour trouver refuge ailleurs et continuer à exercer son métier. Une autre partie, s’est trouvée obligée de changer de métier et de s’intégrer dans une activité voisine.

C’est vrai que les immeubles peuvent disparaitre tant que les hommes ayant le savoir faire restent pour tout construire de nouveau. Si aujourd’hui, nous avons encore l’opportunité de mener cette reconstruction, demain nous ne l’aurons plus. Cette génération est en train de prendre l’âge et de partir en retraite sans transmettre son savoir à une nouvelle. C’est tout simplement une des « richesses immatérielles » qui s’évapore.

Y a-t-il quelqu’un pour arrêter l’hémorragie ? Y a-t-il un commandant à bord ?

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